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Libéralisme et mécénat culturel

de : muncerus
samedi 28 mars 2009 - 16h33 - Signaler aux modérateurs

Françoise Benhamou, sur Rue 89, nous informe des problèmes rencontrés par les universités américaines : « La crise atteint aussi les institutions financées par le mécénat On compte plus de 700 musées sur les différents campus du pays. La vie culturelle américaine se joue en partie sur ces campus, et en particulier sur les plus célèbres d’entre eux. Un dommage collatéral de la crise réside dans la nécessité pour les universités de reconsidérer leurs plans de développement, de réviser leurs projets culturels. La crise signifie aussi que la recherche de mécénat va plus que jamais se renforcer, s’ouvrant sur une triple concurrence : entre les établissements culturels d’un même pays, entre la culture et d’autres actions, qu’elles soient sociales ou humanitaires, et entre établissements analogues mais de pays différents. Il y a quelques années, Philippe de Montebello, alors à la tête du Metropolitan Museum de New York, était venu en Europe pour chercher des mécènes. Nul ne s’en était ému. De même, le Louvre ou le Mnam ont créé des associations d’amis donateurs américains. Que vont devenir ces mécénats transnationaux ? Nul ne le sait encore, mais les temps risquent d’être durablement difficiles, et le mythe de l’argent privé comme alternative au financement public des universités et de la culture a quelque chance de s’écorner devant la réalité des années à venir. »

Oui, le « mythe de l’argent privé » ! Il serait temps de revenir sur la tarte à la crème des années 80 et de tirer un trait sur le rêve de Jacques Rigaud, sur les ardeurs de Jack Lang qui entendait largement engranger au bénéfice de l’Etat les « dons » des entreprises disposées à orienter leurs choix publicitaires vers les sphères dites culturelles. L’époque du management « entrepreneurial » des institutions publiques se prêtait encore assez bien au démarchage assidu auprès des firmes susceptibles de suppléer les carences de l’Etat ; les missions confiées aux fonctionnaires ou à leurs collègues contractuels étaient souvent couronnées de relatifs succès, aboutissant ici à la restauration d’un patrimoine architectural, là à l’acquisition d’œuvres par tel musée national ou bien encore à la promotion de la création artistique.

Dans l’ensemble, avouons-le, la récolte restait plutôt limitée et le budget de l’Etat ne s’en trouvait que fort peu allégé. Faut-il le regretter aujourd’hui, alors que les « généreux mécènes » se détournent à la hâte de leurs « œuvres » pour se concentrer sur les urgences de la rentabilité. De leur côté les départements ministériels concernés, ici comme ailleurs, semblent renoncer à ces apports aussi ponctuels qu’aléatoires et réexaminent les budgets en fonction d’une part des promesses et des échéances électorales et, d’autre part, des « dépenses incompressibles ». Il s’ensuit, par exemple, la très logique réduction des effectifs et des subventions et, partant, la déplorable situation dans laquelle sont mises les institutions mais aussi les nombreuses associations qui constituent le bras armé du développement et de la coopération culturels.

Paradoxalement le discours, de la part desdits départements ministériels, recommande à leurs partenaires extérieurs de « diversifier » leurs ressources, ce qui, en termes clairs, revient à les orienter vers les fonds privés dont on vient de voir qu’ils sont aujourd’hui plus que tarissables. On tourne en rond.

Concernant la coopération, les dernières informations nous révèlent les restrictions dont sont victimes les ONG qui, depuis quelques années, se tournaient de plus en plus vers les collectivités territoriales, lesquelles maintenant écrasées par les transferts de compétences peinent à faire face à leurs obligations légales et donc hésitent à prendre de nouvelles initiatives. Autant dire que de nombreux programmes d’intervention dans les pays en développement seront ni plus ni moins supprimés, car il serait naïf de penser que, même pour se refaire l’image, telle entreprise prendra le relais des financements publics. Les impératifs du secteur privé ne sont plus à la philanthropie ni même à la communication de second degré.

Quant aux enseignements supérieurs, imaginons un instant qu’on ait activement suivi les recommandations du libéralisme ambiant et que nos universités, sous couvert d’autonomie, se soient largement ouvertes aux financements comme au contrôle du secteur privé. Ce qui est en train de se produire aux Etats-Unis nous renseigne sur ce qui très probablement serait advenu à la France. Nul doute que « la crise » inciterait les financeurs privés à revendiquer non plus seulement le contrôle mais un pouvoir réel au sein des instances universitaires dirigeantes. Leur participation pourrait être soumise à des choix n’ayant que peu à voir avec les exigences universitaires traditionnelles. Ce que les rares universités ayant récemment opté pour l’autonomie pourraient bientôt vérifier à leurs dépens.

Et je n’évoque pas ici le domaine de la formation professionnelle…

Le sursaut salutaire du monde enseignant, tel qu’il se manifeste depuis quelques temps, est certes encourageant. Encore serait-on inspiré de mieux mettre en avant les contradictions dans lesquelles notre société est en train de dangereusement s’empêtrer et de plus explicitement revendiquer le renforcement du service public dans les secteurs où la responsabilité régalienne est génériquement engagée.

Muncerus


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