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Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
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LETTRE DU LENDEMAIN

de : Louise
lundi 7 mai 2007 - 11h45 - Signaler aux modérateurs

Il y a eu la note encourageante d’Isabel, puis le mot désespéré de Lhasen sur nettime-fr-raw.newmorning, voici ma propre contribution. Il y en aura certainement d’autres...

Hier, je suis allée participer au dépouillement des bulletins de vote dans un des bureaux de mon quartier, le onzième arrondissement de Paris qui totalise : Ségolène Royal 61.68%, Nicolas Sarkozy 38.32%. C’est aussi le quartier, de la place de la Bastille à la place de la République, où des trotskystes et des anarchistes, citoyens ou syndicalistes radicaux, venus manifester contre les résultats, ont trouvé les forces de police pour les accueillir, et se sont battus courageusement.

Moi qui ne me ressens plus assez forte physiquement pour les accompagner, je veux les remercier à travers toutes les listes.

Car c’est cela, justement pas les jeunes des "quartiers" les plus pauvres courant au massacre, mais les jeunes électeurs activistes de l’extrême gauche en ville, et à la périphérie populaire résidente (Montreuil par exemple), ou encore, le rassemblement des activistes qui ne votent pas manifestant leur vigilance citoyenne, pour tenir le pouvoir en respect, c’est cela seulement qui mettra des limites à la domination des lobbies sans état d’âme, parvenus enfin au pouvoir total, installés par les gouvernements Chirac successifs (y compris socialistes), et maintenant aidés par des pauvres dominés gagnant juste leur soupe et qui sont passés à l’acte de se retourner par contre effet de leur courage résigné. C’est ce qu’annonce cette élection ; fascisme potentiel qui se cache dans le peuple des petits revenus de la jeunesse au travail manuel de service, elle-même, en dépit des mots nouveaux du président élu. Tout peut changer de sa part. Mais rien ne changera de soi.

Ce sont toujours entre 5% et 1% de voix qui font la différence victorieuse. Pour rappel, celui-ci est élu avec une énergie claire de report d’une partie des voix de Le Pen dès le premier tour (les 5% qui manquaient à Le Pen par rapport à son score en 2002), puis aussi largement au second tour, soit 10% certains, au moins, d’un total reporté sur les deux tours, et qui procurent à Sarkozy son large succès, spectaculaire. Mais peuple qui ne s’était pas joint à celui amateur de "Gala", criant victoire sur la place de la Concorde hier soir... devant l’hôtel Crillon et le ministère de la marine, exactement là où défilent les armées chaque 14 juillet.

Ce n’était pas arrivé à Chirac en 2002, puisqu’il affrontait Le Pen comme finaliste ; tout s’était terminé symboliquement non place de la Bastille mais place de la République, où les socialistes eux-mêmes, d’autre part étant devenus le maire de la ville allié de Louis Vuitton, avaient déjà pris l’habitude de déplacer leurs grands podiums... c’étaient les voix de "la gauche" alors qui avaient glorieusement élu Chirac au second tour ; mais ici au contraire, c’est le fascisme infectant un peuple qui le met au pouvoir ; parce que) au second tour, qui a choisi Chirac en appelant les électeurs à les suivre, en 2002.

Le problème posé par ces voix Le penistes qui se sont déplacées vers Sarkozy, ce sont des voix populaires des petits métiers aux bas salaires... ou au travail précaire. Ceux là même qui s’accroissent en nombre avec le libéralisme, tandis que le prolétariat se raréfie dans la société post-industrielle ; ceux là même que tous les partis de gauche persistent à ignorer et à laisser pour compte de leur discours, poursuivant de faire leur référence exclusive un prolétariat en disparition, qui ne peut donc plus les rendre éligibles.

Tout ce qui sera dit du centre (qui a évolué généralement plutôt dans le bon sens des reports sur la candidate, pour la part démocratique en formation, et pour la part à droite sans surprise correspondant à l’UDF mais qui désormais ira à droite et donc ne pourra plus prétendre être un centre), tout cela poursuivra d’effectuer cette désinformation fondatrice, qui a mené à ce qui arrive et le fera durer sans limite, si dès les législatives il n’y a pas une reprise radicale des thèmes électoraux et des accords de désistement :

— gauche anti-libérale d’une part (des Trotskystes en passant par les communistes, à Emmanuelli, avec toutes les petites formations : il faut retrouver les 40% du référendum : ils existent encore et ce n’est pas Fabius s’il n’y est plus qui fera la différence).
— centre démocratique libéral et socialiste d’autre part.

Tout ça marquant un camp potentiel capable de porter à la majorité de la prochaine assemblée nationale un mouvement de droit déterminé, globalement non liberticide, ainsi que pour les prochaines municipales (dans un an) et régionales, avant les prochaines présidentielles... SINON NOUS COURRONS A UNE CATASTROPHE PLUS GRANDE ENCORE.

Dans presque toutes les grandes villes de France des jeunes femmes et des jeunes hommes furent plusieurs milliers, peut-être 10 000 à se battre cette nuit. C’est un chiffre énorme pour l’oser contre une police dure, armée et instrumentée par le ministre même n’étant autre que celui devenu le président lui-même et qui n’est que l’accomplissement renforcé d’un pouvoir qui se met en place depuis le premier mandat de Chirac soit 7+5 et maintenant +5... Les dégâts culturels faisant défaut à la conscience critique, vu les réformes déjà engagées notamment à l’école, et la concentration de la presse par ceux au pouvoir même, risquent de devenir irréparables.

Oui je suis d’accord, les socialistes sont responsables en première place. Mais pas seulement : TOUTE LA GAUCHE PARLEMENTAIRE DU PACTE PRESIDENTIEL ET DE L’ANCIENNE GAUCHE PLURIELLE, QUI EST RESPONSABLE DE S’ETRE SOUMIS AU PARTI SOCIALISTE (ce qui ne pourrait lui être reproché, sinon d’avoir voulu être hégémonique et dominant, mis les partis soumis étant majeurs, responsables et vaccinés). Il serait temps peut-être, de regarder aussi du côté des rentes que représentent les salaires des mandats politiques, et leurs privilèges économiques divers mais concrets, de député à ministre — sans parler des planques au sénat, au conseil constitutionnel, etc... a fortiori le président. La politique salariée ne fait de toute évidence pas la république "fondatrice des droits de l’homme de la république de la liberté de l’égalité et de la fraternité", comme dit l’autre, en France.

Plus tard, dans une seconde lettre, j’oserai dire point par point ce qui me paraît clairement avoir fait perdre précisément ces élections au finish par la candidate et son parti. Car il suffisait de peu... et quoi qu’on en pense, parce que l’erreur et le déni sont tellement énormes, qu’on finit par les faire penser comme fatals : alors qu’ils étaient maîtrisables !

Personnellement, j’aurais voté pour une gauche anti-libérale unifiée sur une seule proposition présidentielle, mais dès lors qu’il n’y en avait pas, sachant la catastrophe annoncée pour qui avait en mémoire la déroute socialiste et de la gauche plurielle manifestes dès 2002, ne restait comme seul vote critique positif, l’hégémonie socialiste qui avait toujours mené historiquement la gauche à sa perte, pariant cette fois sur le vote utile au premier tour, que la proposition de Bayrou : sans contradiction sur les droits fondamentaux, et le cas échéant capable de vaincre par un apport de centre droit des partis de droite au second tour, plutôt que les voir se totalitariser à l’extrême droite. Ce qui vient d’avoir lieu.

Je pense qu’on n’a pas tout à fait compris le réel danger, non pas de celui qui a gagné, mais des forces terribles qui sont derrière lui ; lui n’est qu’un homme, derrière lui ce sont des lobbies économiques forts des armées qui n’ont pas de visage réel, serions-nous capables de dire des noms. Ils ont fait ingérence à travers leurs racines locales et sont montés peu à peu au pouvoir, profitant de la moindre opportunité de la moindre faille, avec leurs médias (qui n’en font pas la description exhaustive).

On le présente comme une personnalité charismatique du changement, en fait c’est un fantoche doué, une façade communicante qui masque l’obsolescence des forces qui l’animent — on ne l’a toujours pas compris, on fantasme d’attendre les prochaines présidentielles et on parle des législatives, comme si les choses allaient finir par se retourner magiquement... Mais il n’y aura plus de retour dans le monde européen qui nous environne au Sud, si jamais les législatives confirment cette élection.

Je n’avais aucun parti à sauver ni à fonder : j’ai bien voté les deux fois contre l’hégémonie et le totalitarisme sans participer à la fragmentation des voix (ce qui était le grand danger de 2002, certes, au premier tour). Et je répète que seul un candidat républicain démocrate défenseur des droits avait des chances de faire face victorieusement contre le pire de ce qui pouvait se passer, au second tour. Vu le contexte d’un peuple globalement passé à droite, par défaut de conscience des conséquences populaires de la disparition du politique. Pourtant intégrée et manipulée par les partis majeurs, cette disparition sur le terrain du pacte social des sociétés industrielles, quand l’industrie a disparu, prononce l’affaiblissement, voir l’anéantissement des forces unies qui autrefois en firent la gloire.

Ignorer ce qui remplace le politique dans le monde du travail dépourvu du pacte social de la production capitaliste, et poursuivre de fantasmer les désirs d’un peuple qui n’est plus le même, qui a fini par se résigner au changement pour gagner sa vie, c’est l’empêcher de naître comme conscience collective.

En ignorant ce peuple là —majorité réduite au silence qui se désigne par le vote post-politique délinquant au lieu de la révolte—, en plaquant de fausses réalités sur une évolution collective du méta-prolétariat (c’est à dire ce qui succède au prolétariat et non, comme me le disait Alex, "sous-prolétariat" ce qui supposerait que le prolétariat dans sa pure définition de la production appliquée au monde industriel, par l’économie politique, soit encore la force agissante dominante en Europe). Sans doute est-ce qu’au lieu de le considérer comme un métaprolétariat on le qualifie de sous-prolétariat si on n’y porte pas davantage d’attention sur son rôle dans le jeu électoral dépolitisé des post-démocraties, mais ce métaprolétariat de plus, manuel et de service, excède non seulement les prolétaires mais les cognitaires, dans son accommodement du travail et des ressources précaires ou minimales : en ignorant ce peuple-là, donc, nous courons à la perte de tous les droits publics et accomplissons le sommet de l’injustice par la jouissance que procure le vote masochiste et la haine sociale.

Ils s’en fichent de l’égalitarisme par la décision du haut et ils n’y croient plus, ils savent que le pacte social a changé, car ils s’en aperçoivent tous les jours à l’épreuve de leur boulot qui est aussi une interface sociale entre pauvres et riches (ce sont de métiers de pauvres qui naviguent autant parmi les pauvres que parmi les riches et elle est là la conscience de l’ascenseur social qui n’a pas lieu, elle n’est pas dans la misère) : ils revendiquent au contraire l’autonomie de leur choix, et c’est par ce moyen individuel qu’ils veulent au contraire s’en sortir : c’est cela, serait-ce lié à une vieille conscience révolutionnaire du droit de tous à accéder à la propriété, ambigüe (ou pragmatique ? car cela est dans la constitution de 1793 qui proclame en même temps le devoir d’insoumission) pré-marxiste des révolutions dites bourgeoises, qu’il faut comprendre comme une manipulation du système néo-libéral aujourd’hui, (fondé également au XVIIIè siècle), et c’est là-dessus, sur l’appel d’autonomie de ces couches défavorisées qui veulent s’en sortir en ne réclamant ni ne devant rien à personne, en leur lançant le défi de leur fierté, qu’il a gagné en les écrasant par le vote masochiste, contre ceux qui veulent les secourir comme s’ils étaient des mendiants.

Tout cela n’était pas de la voyance, mais bel et bien inscrit dans la leçon prédictible à tirer logiquement de 2002 et des législatives et régionales contradictoires qui suivirent.

La lOuise


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