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Rencontre-débat avec les candidats à l’étranger de RIFONDAZIONE : mercredi 1er mars à 19h30, 120 rue Lafayette 75010 PARIS

de : Carlo Cartocci
jeudi 23 février 2006 - 19h31 - Signaler aux modérateurs
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Mercredi 1er mars rencontre-débat avec :
 Gennaro Migliore, responsable département étranger du PRC
 Anna Piccardi, de Stuttgart, candidate au Sénat pour le PRC
 Alberto Sipione, de Bâle, candidat à la Chambre des députés pour le PRC
 Nora Tagliazucchi, secrétaire féderale PRC, Bruxelles
 Roberto Ferrario, membre du secretariat fédéral, PRC, Paris
 Fernanda Marrucchelli, commission immigration PCF e conseillère municipale de Paris, de nationalité italienne
19h30, 120 RUE LAFAYETTE 75010 PARIS

Pour la première fois les Italiens à l’étranger voteront. Une grande occasion pour nous tous.

de Carlo Cartocci traduit de l’italien par karl&rosa

Les listes des candidats de l’Unione pour la circonscription ’étranger’ ont été présentées. En effet, aux prochaines élections législatives et sénatoriales, les citoyens italiens résidant à l’étranger voteront eux aussi. Ils voteront par correspondance et six sénateurs et douze députés leur sont réservés. Ce n’est pas peu. De fait, la circonscription ’étranger’ a un poids équivalent, ou même supérieur, à certaines régions italiennes : Val d’Aosta, Molise, Ombrie, Trentin, etc.

Dans le cas d’une quasi égalité entre les deux camps, les sénateurs et les députés venant de l’étranger pourraient être déterminants. On n’a pas beaucoup parlé, jusqu’à présent, de cette nouveauté et c’est une erreur, de même que ce fut une erreur de négliger ou de prêter peu d’attention, pendant tant d’années, aux millions d’Italiens qui vivent et travaillent dans les cinq continents, à leurs problèmes, à leur sensibilité sociale et politique, aux liens qu’ils maintiennent avec l’Italie, parfois même après une ou deux générations. Comme cela se passe souvent avec les immigrés, on utilise aussi avec les émigrés la formule ambiguë : ils sont une ressource. Et oui, parce que le made in Italy, les produits alimentaires, industriels et culturels italiens se maintiennent sur le marché mondial en partie aussi grâce à la consommation qu’en font les émigrés.

D’un autre côté, on parle parfois des émigrés avec une rhétorique aux allures patriotiques et souvent régionalo-folkloriste, on répète des lieux communs, on érige en mythes les "fortunes amassées par un dur labeur", on cache les histoires de vies fatigantes et souvent douloureuses que les émigrés pourraient nous raconter. Mais, ensuite, nous les considérons comme des extracommunautaires : quand ils reviennent en Italie, s’ils reviennent en Italie, nous les considérons comme des citoyens de seconde zone qui doivent reconquérir leurs propres droits en luttant contre les lenteurs et l’indifférence de la bureaucratie.

Les Italiens du monde, au contraire, sont pour nous une grande occasion, les connaître et être en relation avec eux peut nous permettre d’accomplir une expérience nécessaire et vivifiante : apprendre à regarder la réalité de manière moins eurocentrique, quand ce n’est pas italocentrique. Dans le monde surviennent des phénomènes sociaux, politiques et de mœurs que nous nous empressons de lire et de juger dans une seule perspective, celle qui fait référence à notre expérience, à notre système de principes, d’habitudes ou de stéréotypes. Et pourtant, nous avons dans le monde des concitoyens qui vivent ces phénomènes et ces expériences de l’intérieur, des hommes et des femmes qui pourraient nous aider à comprendre et qui vivent en Australie comme au Canada, en Allemagne comme au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud.

L’Amérique du Sud, justement, une région géopolitique d’une grande vitalité, où l’on expérimente des formes de démocratie participative, de vastes alliances de gouvernement, des luttes sociales et politiques pour l’indépendance économique, pour la défense des biens communs, pour se libérer du néolibéralisme et de la domination des Etats-Unis. Il y a tant de citoyens d’origine italienne qui participent à ce difficile et exaltant processus : nous, souvent, nous jugeons de loin, sans interroger et sans écouter ceux qui, de loin, pourraient nous parler.

Pour toutes ces raisons, je pense que notre parti doit s’engager dans les élections à l’étranger. Nous, nous n’avons pas voté en faveur de la loi sur le vote à l’étranger, cette loi ne nous plait pas, nous en aurions voulu une différente et surtout une qui tienne compte de manière unitaire aussi bien du vote des émigrés que du vote des immigrés, mais, aujourd’hui, nous nous présentons à ces élections, au sein de l’Unione, dans des listes communes. Nous étions présents à la table qui a désigné les candidats, nous avons participé à l’établissement du programme de l’Unione pour les Italiens dans le monde.

Nous l’avons fait en essayant d’être nous-mêmes : loyaux et critiques, unitaires sans renoncer à notre spécificité. Le compromis atteint voit toutes les forces de centre gauche essentiellement d’accord sur le programme, mais nous ne pouvons pas ne pas exprimer un désaccord de fond sur la façon dont ont été choisies les candidatures. On a agi le plus souvent avec les mêmes règles que celles qu’on suit en Italie : de nombreuses candidatures ont été décidées par les partis en proportion de leur poids électoral en Italie. Le critère de choisir parmi des indications venant des bases locales de chaque pays n’a pas prévalu, ou rarement.

Ceci a déterminé, en particulier en Amérique du Sud, le mécontentement d’ associations, de mouvements et de groupe de base et la composition de la liste s’est caractérisée dans un sens modéré. En ce qui concerne notre parti, nous avons demandé des indications aux fédérations de l’étranger, aux cercles, aux camarades des mouvements et nous avons soumis les candidatures au Secrétariat, à la Direction et au Comité Politique National. En Europe, nous présentons au Sénat, la camarade Anna Piccardi, de Stuttgart et à la Chambre des députés, le camarade Alberto Sipione de Bâle, en Amérique du Sud, le camarade Arduino Monti, de Rio de Janeiro à la Chambre des députés.

Nous invitons les associations, les groupes, les mouvements, les adhérents aux partis de gauche et aux syndicats de l’Europe et de l’Amérique du Sud à concentrer leurs votes sur ces camarades qui sont l’expression d’une réalité migrante qui vit, qui lutte et qui rêve d’un autre monde possible.

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