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CGT : les mécomptes de Thierry Lepaon

de : Leïla de Comarmond
mardi 6 janvier 2015 - 11h41 - Signaler aux modérateurs
4 commentaires

Le secrétaire général de la CGT affirme que la prime de 26.650 euros qu’il a touchée en quittant la Normandie pour la direction du syndicat n’a fait que compenser un préjudice de retraite lié à son militantisme. Mais elle va bien au-delà.

Thierry Lepaon l’a dit la main sur le cœur et les larmes dans les yeux, la prime de départ de 26.650 euros qu’il a touchée lorsqu’il a quitté le secrétariat général du Comité régional CGT de Normandie pour rejoindre la confédération n’est que justice : elle visait à compenser le manque à gagner en termes de retraite lié au fait que pendant deux ans et demi, l’ancien salarié de Moulinex, au chômage, avait assumé les fonctions de numéro un de l’Union départementale de Basse-Normandie sans être payé. «  Les camarades du Comité régional ont décidé de reconnaître cette période d’activité militante en tenant compte du préjudice que cela créait sur ma retraite. Ils ont décidé de me verser une indemnité, calculée sur la base de mon ancienneté à la région  », a-t-il affirmé le 9 décembre 2014, devant la commission exécutive de la CGT , cette instance de quelque 50 membres qui va fixer ce mardi l’ordre du jour de la réunion du 13 janvier du parlement de la centrale (son comité confédéral national).

Deux ans et demi d’absence de salariat

L’argument tient-il ? Pour le savoir, il faut calculer combien d’euros le syndicaliste va perdre du fait de ces deux ans et demi d’absence de salariat. Les éléments précis qu’il a livrés permettent de le faire et malheureusement pour lui, le résultat est implacable. Il montre que le secrétaire général de la CGT s’est fait indemniser bien plus que de raison par la CGT car si les bénéficiaires du RSA en sont les grands oubliés, le système social français que le syndicat défend bec et ongles, préserve largement les droits à retraite des chômeurs indemnisés dont il a été.

«  Je suis resté 30 mois au chômage, entre mai 2004 et décembre 2006, d’abord en touchant les Assedic (1.150 euros) puis à la fin, l’ASS (440 euros)  », a-t-il affirmé le 9 décembre 2014. Côté régime de base de la Sécurité sociale, le calcul est simple : il n’a pas perdu de droits à retraite. Tous les demandeurs d’emploi indemnisés bénéficient d’une validation de leurs trimestres de chômage pour le calcul de la durée de cotisation dans le régime de retraite de base géré par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse. Il n’aura pas de trou dans sa carrière pour la retraite du fait de ses dix trimestres passés à militer gratuitement pour la CGT. Ils viendront s’ajouter à ses trimestres d’activité pour lui permettre de toucher une retraite à taux plein.

Certes, mais quid du montant de sa pension de base ? Là encore, Thierry Lepaon n’a pas de souci à se faire : les allocations chômage ne sont jamais prises en compte pour calculer le montant de la retraite de la Sécurité sociale. Ses droits seront calculés sur la base de son salaire chez Moulinex, s’il figure parmi ses 25 meilleures années de salaire. Le montant de celui-ci ? Il se déduit très simplement des dommages et intérêts qu’il a perçu à la suite de son recours en justice contre le fabriquant d’électroménager ( deux ans de salaire, soit 48.000 euros ).

Une perte de 5.400 euros

Côté retraite complémentaire , le principe est le même : des points sont attribués pendant les périodes de chômage indemnisé par Pôle emploi au titre de l’assurance-chômage comme du régime de solidarité (ASS). Là encore, ils sont fondés non pas sur le montant de l’allocation mais sur le dernier salaire perçu. Pendant les périodes d’indemnisation par l’assurance-chômage, il n’y a pas de perte en ligne. En revanche, dans le cas de l’ASS, les droits acquis sont égaux à deux tiers de ceux d’un salarié en poste pour le même salaire. Thierry Lepaon est resté au plus six mois à l’ASS. Il a donc «  perdu  » 216 points de retraite. Compte tenu de la valeur du point de retraite Arrco aujourd’hui (1,2513 euros) , cela représente 270 euros par an de retraite qu’il ne percevra pas. Pour évaluer le manque à gagner sur la durée de la retraite, on multiplie cette somme par l’espérance de vie à la retraite, soit environ 20 ans. Résultat : au total, les 30 mois pendant lesquels Thierry Lepaon était au chômage et a dirigé en même temps l’union départementale du Calvados lui ont fait perdre 5.400 euros. Cela correspond à 20 % seulement des 26.650 euros qu’il a perçus au moment où il a quitté la Normandie pour la confédération.

Mais on peut même s’interroger sur la nécessité qu’avait la CGT de lui verser ces 5.400 euros pour deux raisons. La première est que Thierry Lepaon a été membre trois ans du Conseil économique, social et environnemental. A ce titre, il va percevoir un complément de pension qui va plus que compenser cette perte potentielle de retraite. Ses trois années au Palais d’Iéna (d’avril 2010 à avril 2013) vont lui donner droit à 390 euros net par mois (426 euros brut). La seconde raison tient au salaire qu’il a perçu au comité régional de Normandie. Il le dit lui-même, sa rémunération a atteint 4.200 euros net ; soit, et de loin, le plus haut salaire versé par la CGT à un de ses responsables régionaux et même nationaux. Cette somme correspond au double de la rémunération habituelle des permanents payés par la centrale (le cas des mis à disposition est différent), qui culmine au mieux pour la plupart en fin de carrière à peine au-dessus de 2.500 euros net. Pendant six ans, donc, selon ses dires,Thierry Lepaon aurait cotisé sur une base de 5.300 euros brut pour sa retraite, soit deux fois plus que sa durée de chômage, conduisant à une majoration de sa retraite de base et de sa retraite complémentaire représentant deux fois les droits qu’il aurait acquis en étant rémunéré au «  tarif syndical  » par l’Union départementale du Calvados pendant les 30 mois où il l’a dirigée tout en étant au chômage.

Avec une cerise sur le gâteau puisque chaque année, le Comité régional CGT de Normandie aurait bénéficié pour cela du Fonds national interprofessionnel, instance qui a pour mission d’aider les territoires et syndicats en difficulté financière en faisant jouer la solidarité entre organisations grâce à un budget représentant un douzième des ressources de cotisations de la centrale.

Baisse de salaire en décembre

Pour parfaire le tableau de la retraite de Thierry Lepaon, il faut encore ajouter le fait que le Cégétiste a augmenté de nouveau sa rémunération en arrivant au secrétariat général de la CGT, puisqu’il est passé à 5.000 euros net, soit environ 6.500 euros brut. «  Je vous indique par ailleurs que mon salaire actuel est de 4.000 euros nets par mois  », a affirmé pourtant le 9 décembre le numéro un de la CGT. Sans mentir. En effet, selon nos informations, la baisse de sa rémunération est intervenue en ce mois de décembre 2014. Cela veut donc dire qu’il a cotisé sur un salaire de 6.500 euros pendant un an et huit mois. De quoi, ajouté au salaire du comité régional, largement relever sa retraite le moment venu et amplifier encore la colère des militants qui ont pour beaucoup sacrifié leur salaire présent et leurs droits à pension en prenant des responsabilités syndicales.

http://www.lesechos.fr/economie-fra...


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Commentaires de l'article
CGT : les mécomptes de Thierry Lepaon
6 janvier 2015 - 13h41 - Posté par arnold

Sur Leïla de Comarmond :
http://www.ajis.asso.fr/ajis/conten...

Sur son bouquin "Les 20 ans qui ont changé la CGT" (que je n’ai pas lu) :
http://cgteduc77.org/spip.php?article843

Cela dit, ses papiers sont bien documentés. Ce sont ceux qui circulent le plus à Montreuil.



CGT : les mécomptes de Thierry Lepaon
6 janvier 2015 - 13h43 - Posté par RICHARD PALAO

Cet article vient confirmer ce que j’ai écrit à plusieurs reprises sur BELLACIAO :

LA PRIME DE DEPART VERSEE A T LE PAON POUR COMPENSER UNE DIMINUTION DE SA RETRAITE EST TOTALEMENT INJUSTIFIEE ET CONSTITUE UN PRIVILEGE INADMISSIBLE

En effet :

les périodes de chomage sont validées comme des périodes de salariat par les caisses de retaite de la sécurité sociale , de plus les indemnités de chomage n’étant pas des salaires ne sont pas prises en compte dans les 25 meilleures années et n’influent donc pas sur le montant de la retraite .

Eric AUBIN , MR sécurité sociale de la CGT qui a participé aux négociations des différentes "réformes" des retraites connait bien la législation , il est également membre du bureau confédéral et aurait dû donc informer ses collègues et refuser que cette prime de 26000 euros soit versée à T LE PAON ; en la validant , en se taisant , AUBIN que certains nous présente comme un possible successeur de LE PAON s ’est fait le complice de ce qui peut-être considéré comme un détournement des cotisations des syndiqués . Il faudrait donc être bien naîf pour croire que les membres du BC ignoraien cette particularité de la législation : ils doivent donc assumer leur inconséquence et leur complicité en démissionnant .

Quand aux salaires de T LE PAON , pendant qu’il siégeait au comité économique et social et depuis qu’il est secrétaire général , il existe un moyen très simple de vérifier leur montant : son relevé de carrière que n’importe quelle caisse peut lui procurer et si cette formalité administrative l’embête ,qu’il m’autorise à le demander à sa place à l’ aide de son numéro d’immatriculation ( NIR ) ...AU NOM DE LA TRANSPARENCE DONT TU TE RECLAMES , THIERRRY ...

RICHARD PALAO ( cadre retraité d’un service de retraite de la CARSAT CENTRE)



CGT : les mécomptes de Thierry Lepaon
6 janvier 2015 - 17h14 - Posté par arnold

dernières nouvelles à 16 h 30 :

Les débats ont porté mardi jusque dans l’après midi sur un rapport de la Commission financière axé sur les dépenses du numéro, un texte qui, selon la presse, alourdit les charges à son encontre. En milieu d’après-midi, M. Lepaon n’avait pas encore pris la parole.

« Aux dernières nouvelles, Thierry Lepaon semble vouloir manœuvrer pour rester jusqu’au CCN » prévu les 3 et 4 février, a indiqué à l’AFP une source interne.

M. Lepaon, qui affirmait encore lundi soir à France Bleu Basse-Normandie n’avoir pas pris de décision sur son éventuelle démission, semble vouloir éviter que sorte de cette réunion "une proposition" précise, selon cette source.

« Cela n’empêche que beaucoup au CCN du 13 janvier demanderont un vote pour sa révocation »
, affirme cette source.

https://fr.news.yahoo.com/apr%C3%A8...



CGT : les mécomptes de Thierry Lepaon
6 janvier 2015 - 17h36 - Posté par arnold

Les forces en présence

Il est délicat de se lancer dans une géographie précise, d’autant que les lignes bougent très vite et qu’aucune tendance n’est clairement formalisée. D’ailleurs la majorité des militants CGT n’adhère a aucun parti. Au sein l’appareil dirigeant, nous distinguerons néanmoins cinq sensibilités pour tenter d’éclairer les enjeux :

 Sur la droite de la confédération, se retrouvent les militants ex-PCF (les proches de Robert Hue mais pas seulement) et les socialistes. Ils sont totalement surreprésentés dans les instances dirigeantes, par rapport à leur présence réelle dans la confédération.

 Au centre, le ventre mou composé de bureaucrates souvent membres du PCF ou seulement « fils de », attachés à la survie de l’appareil pour assurer leur propre survie…et prêts à toutes les concessions pour y parvenir.

 À gauche, d’autres militants du PCF, aujourd’hui traités de « gauchistes » par le groupe central. Ils peuplent les instances intermédiaires, et grognent depuis parfois vingt ans face à une évolution qu’ils n’approuvent pas. Pour cette mouvance là les « affaires » auront été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Parce qu’il s’agit du groupe militant le plus nombreux et le plus proche des syndicats de base, son attitude sera décisive pour une sortie de crise positive. Il faut sans doute inclure ici les quelques militants du PG et ceux d’Ensemble.

 Un peu plus à gauche mais non sans lien avec les précédents se retrouvent différents réseaux de militants dont certains ont rompu avec le PCF, le jugeant dorénavant réformiste. Ces réseaux ont porté, pour certains depuis le début des années 1990, de nombreuses batailles idéologiques dans la confédération. On pourrait les qualifier globalement de « post-staliniens », à tout le moins de nostalgiques, mais leur diversité est heureusement plus riche que cela, d’autant qu’une partie importante de ces camarades sont maintenant retraités.

 Pour finir, les militants révolutionnaires ont une place qui s’est élargie. La confiance des travailleurs de leurs secteurs, l’ouverture à un certain pluralisme, le manque de cadres issus du PCF ont changé le regard sur les militants de LO, du NPA et sur les communistes libertaires. Ceux du POI restent par contre marqués par leurs détestables pratiques. En fonction des rapports de force et parfois par choix, ils sont peu intégrés dans les organes dirigeants mais animent de nombreux syndicats de base.

Extrait de « La CGT à un carrefour historique »
http://www.alternativelibertaire.or...







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