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Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff

de : Philippe Marlière
vendredi 6 janvier 2012 - 11h52 - Signaler aux modérateurs
11 commentaires

L’Homme qui aimait les chiens, le dernier roman de l’écrivain cubain Leonardo Padura, a connu un succès remarquable depuis sa publication en 2009. Il s’agit d’une œuvre de fiction atypique. Le livre est long (667 pages dans sa version française[1]), et il appartient à un genre littéraire particulier : le roman historique. Padura nous en avertit dans une note en épilogue : « (...) Souvenez-vous qu’il s’agit d’un roman, malgré l’étouffante présence de l’Histoire dans chacune de ses pages » (p. 669). L’auteur relate un des épisodes les plus troubles de l’histoire du mouvement communiste international : l’assassinat de Léon Trotski, opposant de la première heure au stalinisme, par Ramón Mercader, un communiste catalan, recruté par le NKVD, la police politique aux ordres de Staline.

Un roman historique à trois volets

L’ouvrage couvre les onze années d’exil forcé de Trotski, en Turquie, en France et en Norvège. L’histoire se termine le 20 août 1940 à Coyoacán, un quartier en banlieue de Mexico. Mercader (alias Frank Jacson ou Jacques Mornard) porte un coup de piolet à l’arrière du crâne de Trotski. L’ex-dirigeant bolchevik était absorbé dans la lecture d’un article rédigé par le Catalan, que ce dernier venait de lui remettre.

Le livre, en gestation pendant près de vingt années, est bien documenté, et assez fidèle à ce que les archives ont révélé aux chercheurs. On peut simplement regretter que Trotski soit affublé du surnom de « Canard », alors que celui-ci était en réalité appelé « Le Vieux » par ses proches. Le terme renvoyait en fait à l’ « Opération Canard », le nom de code du projet d’assassinat de Trotski par le NKVD.

L’histoire comporte trois volets développés en parallèle et de manière chronologique jusqu’à l’assassinat : la famille Trotski en exil ; les pérégrinations de Mercader depuis le Barcelone antifranquiste jusqu’à Mexico, et la vie d’Iván Cardenas Maturell, un écrivain raté de La Havane. Ce dernier fait la rencontre d’un Mercader malade et vieillissant sur une plage en 1977. L’assassin stalinien, sorti de prison en 1960 et réfugié en URSS (où il fut décoré de l’Ordre de Lénine), vient de s’établir à Cuba. S’ensuivent plusieurs rencontres entre les deux hommes. Celui qui se fait appeler Jaime López narre à Iván l’histoire de Mercader, son histoire, mais sans révéler à son interlocuteur sa véritable identité. L’énormité des aveux et un concours de circonstances personnelles vont inciter Iván à renouer avec l’écriture. L’écrivain ostracisé par le régime castriste va mettre à l’écrit les confessions que lui a faites Lopez.

La morale d’un tueur stalinien

Déprimant et néanmoins fascinant est le récit de l’univers anti-trotskyste : les assassinats en série des membres de la famille de Trotski, de ses amis et alliés politiques, les désertions, les trahisons et infiltrations autour de Trotski. Grotesques et délirants sont la terreur et le crime staliniens. La désorganisation et l’amateurisme politique des partisans trotskystes à Mexico est également sidérante. La maison fortifiée de Coyoacán ne fait pas illusion. Trotski, malade et prématurément vieilli, sait que Staline pourra frapper quand il l’aura décidé. On assiste à la transformation d’un jeune communiste idéaliste en un fanatique prêt à tout pour servir la cause stalinienne. Comme Léon Trotski, Mercader aime les chiens (d’où le titre un peu niais du roman) ; des lévriers russes, les barzoïs. Des trois protagonistes principaux - Trotski, Iván et Mercader - c’est le dernier qui, en dépit de son crime terrifiant, apparait comme la vraie figure tragique. Est-ce de la naïveté politique de la part de Padura, ou est-il victime d’un tropisme fidéliste à son corps défendant ? (Castro accueillit Mercader en héro sur l’île en 1974) On ne saurait répondre à cette question troublante. En effet, Mercader est, par petites touches, dépeint en héro malgré lui, un idéaliste altruiste manipulé par son entourage : Caridad Mercader, une mère dominatrice et Leonid Eitingon, le cynique mentor du NKVD et l’amant de Caridad. Le lâche crime accompli, Mercader est présenté comme un militant courageux et déterminé qui ne parle pas, qui ne trahit pas Staline pendant ses vingt années d’incarcération au Mexique. Joe Hansen, un des gardes du corps de Trotski, fut le premier à pénétrer dans le bureau du fondateur de la 4e Internationale, quelques instants après l’assaut. Il décrit un Mercader sanglotant, qui balbutie frénétiquement : « Ils ont emprisonné ma mère... Ils m’ont forcé à le faire »[2]. La terreur de la GPU a en réalité terrassé le jeune idéaliste, et lui a imposé ce silence. Sans jamais se repentir d’un crime dont il avait fini par comprendre qu’il était inutile et barbare, Mercader se taira, non par extrême dévouement à une cause, mais pour se protéger. Il vivra et mourra petitement, pièce subalterne de la nomenklatura soviétique, méprisé de tous. Padura, pourtant friand de descriptions psychologisantes, ne va pas au-delà de la thèse de l’idéalisme et de la manipulation par l’entourage. Comme sa mère, Mercader a été un pion important de l’aristocratie rouge internationale. Homme intelligent et cultivé, il a fait ce choix grisant et valorisant. Avant l’assassinat, Mercader avait pourtant saisi la nature de la terreur stalinienne et son modus operandi (notamment lors des procès de Moscou). D’autres individus, dans des conditions similaires, auraient tenté de se rebeller au nom d’une morale supérieure, et auraient essayé de se dissocier de l’entreprise. Possédé par le doute, Mercader mena le projet à son terme, provoquant morts et désolation autour de lui.

L’honneur perdu de Sylvia Ageloff

Leonardo Padura néglige un personnage-clé de cette affaire : Sylvia Ageloff, une jeune assistante sociale de Brooklyn, qui milite dans le Socialist Workers Party, d’obédience trotskyste. L’entourage de Mercader s’arrange pour que celui-ci fasse sa connaissance lors du voyage de l’Américaine à Paris en juin 1939. Elle tombe éperdument amoureuse de cet homme beau et cultivé, qui prétend n’avoir aucun intérêt pour la politique. Mercader la séduit, à la seule fin de pouvoir approcher Trotski sans éveiller de soupçon, quand les deux amants se rendront à Mexico. Le double jeu fonctionnera à la perfection. Mercader trompera doublement Ageloff : sur le plan de ses sentiments personnels, mais aussi sur le plan de ses intentions politiques. Il traite la jeune femme avec mépris ; il la trouve idiote, se moque de sa prétendue laideur. Pour dresser le portrait de la militante trotskyste, Padura reprend des informations tendancieuses et erronées. Dans le roman, elle est décrite comme une personne superficielle et sans épaisseur politique. Pourquoi avoir brossé à un tel portrait misogyne et approximatif ? Dans une audition devant une commission d’enquête à la Chambre des représentants en 1950, Sylvia Ageloff s’exprime avec conviction et dans une langue sophistiquée. Elle défend avec courage son engagement dans la gauche trotskyste pendant la période du maccarthysme. Il est regrettable que Padura aille jusqu’à suggérer qu’Ageloff est en partie responsable de la mort de Trotski, car elle lui aurait présenté Mercader. En réalité, Sylvia Ageloff veilla scrupuleusement à la sécurité de Trotski. Elle évita rigoureusement de venir accompagnée de Mercader lors de ses visites à la villa de Coyoacán. Elle avertit même Trotski que Jacson/Mercader était entré au Mexique sous un faux passeport, et qu’il valait donc mieux qu’il ne le rencontre pas car cela « pourrait le gêner »[3]. Patiemment et seul, Mercader gagna la sympathie des gardes de la villa, puis des époux Rosmer, des camarades français fidèles, à qui il servit de chauffeur et rendit des petits services. Cette sollicitude permit à Mercader de se rapprocher progressivement de Trotski.

Sylvia Ageloff (1910-1995) vécut le reste de sa vie dans l’indignité. Accablée par l’événement, Ageloff refusa jusqu’à sa mort d’en parler avec qui que ce soit. Elle reçut le soutien et l’affection de Natalia Sedova, la veuve de Léon Trotski. Licenciée par son employeur à son retour de Mexico (où elle fut un temps suspectée de collusion avec Mercader), elle dut prendre le nom de sa mère (Maslow) pour échapper à ses tourmenteurs. Sa sœur, Ruth Ageloff-Poulos, fut secrétaire de la Commission John Dewey qui se tint à Mexico en 1937. Celle-ci blanchit Trotski des accusations portées contre lui par Staline.

« Ni rire ni pleurer, mais comprendre ». Léon Trotski aimait se référer à cette maxime spinoziste. Padura aurait du avoir cela à l’esprit lorsqu’il a mis en scène le personnage de Sylvia Ageloff.

[1] Leonardo Padura, L’Homme qui aimait les chiens, Paris, Métaillé, 2011.

[2] Joseph Hansen, « With Trotsky to the end », Fourth International, Vol. 1, no. 5, octobre 1940, pp. 115-123.

[3] Isaac Deutscher, The Prophet outcast, Oxford, OUP, 1963, p. 485.

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Commentaires de l'article
Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 14h57 - Posté par Charles

J’ai lu le bouquin avec beaucoup d’intérêt malgré les réseves qu’émet à juste titre Philippe Marlière.
Il est à noter que le régime castriste a accueilli et protégé le criminel cynique Mercader, y compris bien après la connaissance universelle de la répression anti-communiste des staliniens contre les révolutionnaires, dont Trotsky...
Ce qui n’a pas empêché de nombreux "trotskistes" de tresser des louanges sans restriction aux dirigeants staliniens de Cuba, dont Castro et Guevara.
Ainsi va parfois tristement l’histoire quand l’opportunisme l’emporte sur les principes...



Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 16h48 - Posté par A.C

Dirigeants staliniens de Cuba, dont Castro et Guevara.

J’aime bien ce style tout en nuances..

Tu n’es pas seul à gerber sur la Révolution stalinienne
http://www.latinreporters.com/cubap...

La soirée "Cuba si, Castro no" a fait le point sur la situation cubaine et sur les conditions de détention des 75 dissidents actuellement derrière les barreaux. Reporters sans frontières a proposé des actions concrètes et la création d’un comité de soutien à Raúl Rivero, emblème de la dissidence cubaine privée de parole.

Parmi les premiers membres signataires de ce comité de soutien : Laure Adler, Pedro Almodovar, Pierre Arditi, Ariane Ascaride, Philippe Augier, Michel Broué, Pascal Bruckner, Elizabeth Burgos, Daniel Cohn-Bendit, IleAutoana de la Guardia, Catherine Deneuve, Laurent Fabius, Romain Goupil, Michel Granger, Bernard Henri-Levy, Jack Lang, Louis Joinet, Lazaro Jordana, Bernard Kouchner, Noël Mamère, Eduardo Manet, Sophie Marceau, Robert Ménard, Carlos Monsivais, Edgar Morin, William Navarrete, Christine Ockrent, Edwy Plenel, Hugues Quester, Jean-Michel Ribes, Cristina Rivero, Alain Rossinot, Barbara Schulz, Jorge Semprun, Yves Simon, Benjamin Stora, Zoé Valdés, Marisela Verena, Christophe Girard.

Autocritique inconsciente de ta part ?

Tu dis :

Ainsi va parfois tristement l’histoire quand l’opportunisme l’emporte sur les principes

j’te le fais pas dire. !!

 :)))

. Toujours très marxiste, sachant ce que "dialecticien" veut dire, tu fais partie de ces pauvres garçons(oui, je VOUS plains..) " qui déclarent
"Fidel et son régime ayant -soidisant-manifesté un stalinisme abject en abritant les tueurs de Léon, ils sont DONC des saloperies staliniennes !!

Tu devrais aller encore plus loin et regretter que la CIA -objectivement"vengeur masqué de Léon T..n’ae i pas assassiné ces pourritures cubaines..

Car ce régime est infect.., puisqu’il ose déplaire à tel intervenant plus ou moins "trotskyste"..

Vous ne changerez donc jamais ?

Ceux que DEBRAY décrivaient dans son fameux "Wiskierda", ces rigolos donnant des leçons de guerilla à Giap..........ou au CHE.. ;dans les bistros du quartier Latin !!

Je t’en veux CHARLES.., pour une simple raison qui n’est pas de la"haine" à ton égard..

Quand je lis de telles conneries, je dois faire effort pour bien piger que ce n’est pas parce qu’il y a plus con que soi, que je deviens plus intelligent plus intelligent pour autant..

Je te signale que dans le même ordre d’idée^s(? ?) le stalinien HOCHI MINH-dont nous savons qu’il trompa son monde, cachant son stalinisme qu’il maquilla ..en jouant au libérateur.. bénéficie hélas d’une certaine popularité, m^me après sa mort. ;
Et pourtant..

Qui a assassiné Ta Thu Thâu et les trotskistes vietnamiens ? », demandaient les"Chroniques vietnamiennes, août 1997, p. 16."

, Rrrrrévolutionnaires authentiques, nous devons, avec CHARLES e...t J.LANG, FABIUS et BHL, , toujours rappeler que les"STALINIENS CASTRO, Ho, GUEVARA, c’est de l’ENNEMI à COMBATTRE. !

Charles en est CONVAINCU..
Et S. GUITRY l’a dit :

TOUT CON vaincu a sa revanche"..

Tiens tellement tu me gonfles toi et ceux qui ne savent pas pisser sans traiter leur zézette de "stalinienne "...si vous ratez le trou des chiottes, p’tit coucou pour te faire jouir !

http://cubasilorraine.over-blog.org...

Cliquer sur Video hymne du 26-7

AC


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 18h26 - Posté par Charles

La loghorrée pseudo-humoristique et injurieuse du dénommé AC ne change pas l’histoire telle qu’elle s’est déroulée...que tu t’excites en changeant de sujet pour tenter de me faire passer pour un anticommuniste, ça ne juge que toi et tes tristes méthodes d’amalgame .
Je maintiens donc intégralement mon propos (qui ne visait d’ailleurs pas les ex-stals mal reconvertis comme toi mais les trotskistes qui ont des mémoires trop sélectives .

Pour le reste, et contrairement à tes insinuations ricanantes et malsaines, j’ai toujours soutenu le camp cubain (avec ses défauts) contre le blocus et les agressions impérialistes ou les dissidents pourris du style Valdès...
Et même toi avec tes petites invectives hargneuses, ne me fera pas changer de point de vue... !


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 18h58 - Posté par Vériane

"Les preuves quoique fondées sur des présomptions(!), étaient irréfutables(! !) et permettaient... d’affirmer" que Lénine était un traître ( à propos du fameux or allemand). voir TROTSKY de Robert Service enseignant à OXford ....de tel "historien" font froid dans le dos.
Alors à propos du CHE et de TROTSKY essayons de faire mieux.


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 19h19 - Posté par Roberto Ferrario

Heuresement que dans Lutte Ouvriere on trouve des camarades bien plus sympathique que toi Charles... mais bon personne est parfait...

Ton langage pue la naphtaline des année trente, mon cher camarade Charle faut sortir quelques foi de ton vieux armoire poussiéreux et respirer un peux air fraiche des nôtres jours...

Tes histoires sont gonflent et nous ramène a des périodes qui sont l’honte du communisme, si tu veux tu peux reste coince a ces dates et refaire l’histoire mille fois mais stp laisse nous tranquilles on a plus ni le temps ni l’envie de perdre du temps avec tes histoire ultra mâché de guéguerre entre trotskistes et staliniens de toute espèce on a plus a travaille pour remonter le mouvement contre cet système que se branle la tête avec tes histoires paranoïaque... le Che Guevara maintenant est un stalinien pfffffff quel délire...


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 20h48 - Posté par A.C

Je maintiens donc intégralement mon propos (qui ne visait d’ailleurs pas les ex-stals mal reconvertis comme toi mais les trotskistes qui ont des mémoires trop sélectives .

 :)
et moi, bonhomme, je maintiens qu’un type qui vient ici ou ailleurs, traiter de"staliniens" les dirigeants d’une Révolution qui a démontré au monde -et notamment aux peuples d’Amérique latine , néocolonisés parule KAPITAL, aux mains sanglantes , opmniprésent avec ses tueurs à bérets verts et ses mafieux de la Uited Fruit ou de laTexas Oil, que l’on pouvait se LIBERER de la loi de soi disant"plus forts", .............
..............qu’un zigoto qui pour cause de vaines querelles trotsko-trotskystes cause le fabiusien et le" bobo "donneur de leçons, en se la pètant à" la Reporter sans Frontières,"

....................qu’un tel paltoquet d’ultra gauche, ,quand ça s’aventure parmiles militants,... ça se FESSE , et tant mieux si le guignol se vexe... !

 :)

Il s’agit ici de pas laisser sans réagir, les propos dégueuelasse.

Se faire traiter de "stalinien" par un Charles qui utilise les m^mes insultes pour le CHE ou FIDEL, moi, ça m’honore !

Hasta la prochaine,et rdv ici et ailleurs partout ou viendront se répandre les nains du communisme.

A.C.

Pour des lecteurs peu habitués aux grotesques amalgames d’un Charles, qui voudraient, comme moi, mieux comprendre la relation du(des )trotskysme(s) avec la REVOLUTION CUBAINE, je conseille la cinquantaines de pages , mises en ligne par la LCR

http://www.lcr-lagauche.be/cm/pdf/c...


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
7 janvier 2012 - 09h57 - Posté par Copas

AC mélangé
AC oublié
AC d’amnésie
, Rrrrrévolutionnaires authentiques, nous devons, avec CHARLES e...t J.LANG, FABIUS et BHL, , toujours rappeler que les"STALINIENS CASTRO, Ho, GUEVARA, c’est de l’ENNEMI à COMBATTRE. !

Ca me rappelle les nombreuses attaques que subissait notre cercle de JC Che Guevarra, quand les stals enlevaient discernement du local le poster du Che, attaquaient sans cesse Guevarra, la révolution, etc.

Depuis les bidons se sont ornés de la figure du Che mais je me demande toujours si ça fait partie des résistants de la 25eme heure ou si ça indique que le Che est entré au patrimoine de l’humanité dans bien des consciences.

Une autre fois ils nous avaient piqué le portrait de Ho Chi Minh qu’on avait fait à l’encre chinoise évidemment....

AC ne devrait pas être amnésique de ce climat qui régnait alors et mélanger des choses.

La révolution cubaine était un vivant exemple d’une révolution populaire par les armes, en partant d’un petit groupe de départ , alors que c’était à un moment où cette image ne correspondait pas à celle souhaitée par une partie de l’appareil du PCF d’une stratégie électorale qui rentrait progressivement comme colonne vertébrale poire changer la société.

Il y avait là une contradiction explosive entre une partie de la jeunesse qui rongeait
son frein, se sentait dopée par les révolutionnaires indochinois , d’Amérique latine, et une partie de l’appareil du PCF qui trainait les pieds, qui se masturbait devant les posters des chapeaux mous et gris des vieux cons réacs et séniles, surchargés de médailles de batailles auxquelles ils n’avaient pas participé qui dirigeaient l’URSS.
Bref ces derniers nous filaient du blé, ils étaient casher, quand à Cuba, oui, Cuba si, mais révolution cubaine non, les révolutionnaires ça a le ventre creux et des bouches affamées. Et ça donne mauvais exemple.

Rien de bien neuf là dedans , ça c’est vu dans toute l’Amérique Latine où les plus anti-guevarristes se trouvaient en partie dans les PC de ce continent (pour de justes et de mauvaises raisons).

Maintenant ça me fait toujours rigoler de revoir des anciens avec des tee-shirts guevarra sur le ventre alors qu’ils nous cassaient les... à l’époque où la question de la révolution cubaine était un débat ayant quelque chair, en se contorsionnant dans tous les sens pour dire que la révolution c’est fini...

En fait dans l’appareil du PCF il y a toujours eu un puissant conservatisme au sens premier du terme : conserver et se méfier de toute stratégie pouvant renverser l’ordre des choses, à fortiori une stratégie révolutionnaire.

Maintenant ce climat a gagné plus largement dans la gauche et chaque nouvel événement , révolte populaire, etc, est regardé avec méfiance et paranoïa puissante.

Ce qui est actuel en Europe c’est la partie morte de la gauche paranoïaque essentiellement dans la vieille Europe d’ailleurs. Et l’analyse qu’on peut en faire.

D’une part.

Et de l’autre Cuba qui ne s’est jamais confondu avec la bureaucratie réactionnaire russe.

Sur la question de Cuba qui est différente des postures des uns et des autres ici, on a là un régime qui a ses difficultés et bien sur l’épisode de Mercader que j’ai découvert fait partie d’errements bien plus qu’un problème de régime à Cuba.

Pour le moins ils auraient dû lui montrer la porte (surtout que cette question, non du trotskysme mais de l’assassinat de Trotsky avait été un très grand traumatisme à Mexico ).

Il n’y a rien de plus anti-cubain, anti-castriste, anti-guevarriste qu’un Mercader sur une plage cubaine.

Ca ne signifie en rien en soi que le régime cubain était stalinien, comme ça ne signifie pas que le régime français soit nazi parce que des vieux fachos se bronzent le cul sur les côtes de l’hexagone.

Disons qu’ils auraient pu, au nom du fait que les trotskystes étaient compagnons d’armes avec les guevaristes en Amérique Latine, sans oublier d’autres espèces de révolutionnaires de l’époque (des maos, Miristes, Tupas,, etc) ( les branleurs staliniens de l’époque, sauf certains maos, n’étaient pas révolutionnaires) coller au mur le dénommé Mercader et dire, si ils le souhaitaient, qu’il a fait un arrêt du cœur.

Ce qui est différent de l’analyse en termes de classes du régime de Cuba qui a une nomenclatura à sa tête, de puissantes conquêtes sociales et un ennemi très proche surpuissant.

Il s’agit bien de défendre les conquêtes populaires de la révolution cubaine face à l’impérialisme américain, la question de ce qu’est devenue la couche sociale dirigeante est différente et constitue maintenant un auxiliaire de la pénétration du capitalisme sur l’île .

Mais bon on s’égare...


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
7 janvier 2012 - 19h03 - Posté par PM

Je suis d’accord avec ton analyse, Copas. L’acceuil de Mercader a Cuba par Castro fut une grosse erreur de sa part et du regime. Mais cela ne permet pas de dire pour autant Castro = Staline. Quant au Che, certainement pas ! Son parcours de revolutionnaire le rapproche infiniment plus de l’auteur de la "Revolution permanente" que tout autre dirigeant communiste de la meme epoque. Je trouve d’ailleurs beaucoup de points communs dans leurs parcours et engagements personnels.

Pourquoi Castro a-t-il accueilli Mercader, dont tu dis, a juste titre, que sa presence sur l’ile etait anachronique ? On peut emettre une hypothese : la volonte de "rendre service" a l’URSS (sur le mode du renvoi d’ascenceur), qui ne savait plus que faire de cette "patate chaude" devenue o combien encombrante.


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
7 janvier 2012 - 19h33 - Posté par Luis

Tu ne t’égares pas du tout, Copas.
Tu as dit l’essentiel, sur Mercader, le stalinisme, et la révolution Cubaine.

Je résumerai ton propos de la façon suivante :

La meilleure (et peut-être la seule ?) façon de défendre a révolution cubaine,
c’est ce qu’a tenté le Che en Afrique puis en Amérique Latine :
étendre la Révolution aux quatre coins du globe.

Le Che avait contre lui tout le legs d’un siècle de fer :
l’impérialisme plus le stalinisme.
La situation, comme le montrent les résistances en cours,
et la croissance de notre classe, celle des travailleurs,
est désormais plus favorable.

Notre responsabilité n’en est que plus grande,
et pas vis à vis de la Révolution cubaine,
mais de toute l’humanité.


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
7 janvier 2012 - 19h49 - Posté par A.C

AC ne devrait pas être amnésique de ce climat qui régnait alors et mélanger des choses

. Ecoute, Copas, moi je veux bien que tels cercles de laJC ou del’UEC aientété terrorisés par les stalineinsd’alors.
Je n’ai pas connu..
Je n’ai jamais été à la J.C, et de mémoire de32 ans passé au PCF..je n’ai jamais eu affaire à ce type de "conneries".
Je n’étais pas de ceux qui criaient"PifPifou Ton tata Hercule" pour couvrir la voix des "gauchistes" scandant"Ho HO HO..Che che che"

Je passais alors pour un "nanar" un peu incontrolable..., organisant lejour des occupations de boites avec maCGT..et la nuit, "flirtant" avec les gauchisses" delaFac de lettres
Ce, jusquà fin Mai68.. ou j’ai choisi le camp de ceque j’appelais l’efficacité dans la lutte des classes"en adhérant au PCF...

Ce que je saisparcontre -et là dessus je comprends que tu préfères rester silencieux- c’est que le texte que j’ai mis en ligne -celui dela LCR-..démontre que s’il ya des anciens gros bras pécéiens anti guévaristes des années 60-7O....qui portent des tee shirts duCHE...il ya eu, au sein des mouvements trotskystes , des sérieux coups de dague contre la façon dont FIDEL aurait copié les méthodes des
bureaucraies staliniennes..

Donc, gardons nous de tout "blanc" et"tout noir"..

La question -là dessus nous serons d’accord non ?- c’est que CUBA a démenti tous les pronostics de"disparition du Fidélisme" suiteà l’implosion du "campsocialiste"
Pour ce qui est du "sujet".à savoir cette hospitalité accordée aux assassins de trotsky :

Là aussi, il faut toujours regarder l’Histoire, les conditions géopolitiques..
Qui parmi nous, se souvient que le narco dictateurrNoriega, si proche delaCIA..s’est vu largué par ses patrons parce qu’il..aidait des Sandinistes ...et se rapprochait de FIDEL

epuis 1967 Noriega était un agent payé de la CIA. Tout en se vendant à la CIA, Noriega était largement impliqué dans le trafic de stupéfiants. Son poste dans l’armée panaméenne et ses fonctions d’agents de la CIA lui assurant l’impunité pour les crimes qu’ils commettaient : trafic de stupéfiants, assassinats, tortures, corruption, etc. Le fait que Noriega soit un ami et un proche collaborateur de chef du cartel de Medellín, Pablo Escobar, n’inquiète pas les Américains.

Ce n’est qu’au début des années 80 que les États-Unis commencent à se méfier du monstre qu’ils ont créé. La CIA découvre qu’il aide Fidel Castro et le chef sandiniste du Nicaragua, Daniel Ortega à contourner l’embargo économique américain. Il soutien aussi les guérillas marxistes du Salvador et de Colombie. Enfin, Noriega permet que le Panama serve aux pays communistes pour acquérir des technologies américaines contrôlées.

CUBA et ses liens commerciaux avec Franco, c’est aussi une réalité.

Chavez ou Moralès dans telle ou telle situation sontils toujours en phase avec ce que"nous"pourrions souhaiter les voir exprimer ?

Tout est complexe. ;restons modestes..

Soissympa d’arrêter de voir en moi le vieux stal, non guéri "amnésique par tactique ou ramollissement du bulbe. !

 :))
Demon côté, j’éviterai de te rappeler que tu assurement du, un jour ou l’autre étre d’accord avec Marchais. !

 :)
Non ?
Ou alors t’étais au Pc par masochisme ?

 :))
allons
.....allons..zen zen

 :)

Cordialement

A.C


Ramón Mercader et le destin tragique de Sylvia Ageloff
6 janvier 2012 - 18h23

J’espère que la dictature "stalinienne" des marchés va bientôt taper très fort sur le crâne de ces gens de gôche plus lâches et plus serviles que des laquais. Ils danseront alors une gigue encore plus agitée qu’aujourd’hui.







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Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
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Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
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Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
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Mise à jour : réfugiés italiens sept sur dix sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Oreste Scalzone
* Sur les sept personnes arrêtées hier matin à l’aube, libérées de prison et remises en « caution » sous contrôle judiciaire : Roberta Cappelli, Narciso Manenti, Marina Petrella, Giorgio Pietrostefani, Sergio Tornaghi. ** Des deux Compagnons constitués ce matin, l’audience pour « statuer » sur la demande de libération de Luigi Bergamin a été fixée à 18 heures, et il est fort probable qu’elle ait eu le même résultat. Les « demandes » formulées par l’avocate Irène (...)
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