Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI

Sur l’expulsion des familles de la place de la Fraternité à la Courneuve

de : Drapeau Rouge
jeudi 10 novembre 2011 - 10h50 - Signaler aux modérateurs

Le gouvernement de droite et la Mairie de « gauche » de La Courneuve font expulser les sans-logis !

(Pour les photos et vidéo de l’expulsion de la place de la Fraternité de la Courneuve, voirExpulsion des familles de la Courneuve : photos et vidéo)

Depuis plus de sept mois, les familles expulsées de la Barre Balzac, après avoir été relogées durant l’hiver 2010-11 dans des hôtels qui coûtent entre 1500 et 2000 euros par mois puis finalement mises à la rue en avril dernier, étaient revenues sur le lieu d’où elles avaient été expulsées. Accompagnées des soutiens, elles étaient allées demander de l’aide à la Mairie. Dans une première phase, elles avaient été reçues par un adjoint délégué aux sports, qui fut méprisant : « Vous n’aurez rien ! » « Vous vous foutez de ma gueule ! » « Vous me prenez pour un con ! ». Voilà comment parle un élu à des travailleurs dans la détresse. Passons ! Le maire nous avait alors renvoyé devant son chef de cabinet, après une forte insistance des familles. La réponse fut un peu plus respectueuse mais similaire.

Le Conseil municipal, dont le maire est « communiste » et le président de l’OPHLM « socialiste », demanda l’expulsion à la préfecture. Dans un premier temps, ils perdirent le procès et appelèrent à la rescousse leurs comparses de la Plaine Commune, regroupant 7 municipalités (5 dirigées par la gauche, 1 par les Verts, 1 par la droite). La sainte famille, comme le disait Karl Marx, s’unissait pour demander l’expulsion de travailleurs en détresse. Mais cette sainte famille fut déboutée par le tribunal pour procédure abusive et dû verser 100 € par personne en guise de dédommagement.

Ne s’arrêtant pas aux procédures juridiques, la Mairie de la Courneuve a entretemps mené une propagande provocatrice et scandaleuse auprès de la population, qui avait apporté soutien et sympathie aux occupants de la place de la Fraternité, afin de diviser la population laborieuse de la Courneuve, semer le trouble et préparer leur mauvais coup. La Mairie n’ayant apporté aucun secours, ne serais-ce que des bouteilles d’eau, du lait pour les enfants, des sanitaires et un minimum de services sociaux ou de voirie pour les aider à maintenir un véritable état sanitaire, les expulsés -hommes, femmes, enfants dont certains en bas âge- ont dû compter sur leurs propres forces et assurer avec les moyens du bord le maximum de propreté. Les calomniateurs n’ont rien fait ni sur le plan purement humanitaire, ni du point de vue du minimum de morale communiste. Pire, alors qu’ils avaient laissé dans leur « merde » les travailleurs qui campaient, ils ont poussé une section CGT soucieuse de préserver le Centre de santé de la pollution « des odeurs », comme le disait Chirac, à se mettre en grève le jour même où la mairie était convoquée au tribunal, distribuant un tract reprenant les arguments scandaleux de la Mairie ; tract qui fut remis au juge en tant qu’argument pour l’évacuation de la place par l’avocate de la Mairie.

Devant ces arguments, le tribunal a appliqué la justice de classe bourgeoise contre les travailleurs, en faveur de la municipalité de « gauche » qui montrait dans la pratique sa véritable position de classe. Il ne restait plus qu’à transmettre aux intéressés et à la Préfecture l’ordre d’exécution. Ce qui fut fait.

Le lundi 7 novembre 2011, avant 9 heures du matin, le dispositif d’expulsion s’est mis en place en plusieurs phases : 1. Arrivée de voitures banalisée de police, 2. Encerclement du camp, 3. Arrivée d’une dizaine de cars de gardes mobiles, 4. Arrivée de plusieurs cars de police nationale et de grands cars vides, sans compter les représentants de la préfecture, du commissariat, de la municipalité, des pompiers.

Les femmes ont été embarquées avec les enfants sans leurs maris et conduites dans un hôtel pour être hébergées à près de 30 kilomètres de là, à Chilly-Mazarin. 11 personnes dont des sans-papiers ont été conduites au commissariat. Les autres hommes et quelques femmes ont été laissées « libres » de se débrouiller pour se loger et retrouver leurs familles.La police nationale a embarqué dans leurs cars les tentes, matelas, couvertures,… La voirie de la Plaine Commune est venue « nettoyer » la place du reste du campement (palette, cartons, boites, vaisselles,…) et a pu installer dans la foulée les décorations de Noël.

Les travailleurs expulsés, l’ordre bourgeois était rétabli à la Courneuve !

L’Etat bourgeois comme nous l’avons dit plus haut préfère dépenser des millions en chambres d’hôtel plutôt que de pratiquer la loi de réquisition des logements. Il ne veut pas remettre en cause le sacro-saint droit de propriété -nous ne parlons pas de la propriété personnelle acquise par toute une vie de travail, mais de la propriété foncière détenue par les institutions financières, les magnats de l’immobilier, du bâtiment et des travaux publics, les institutions publiques de l’Etat, de ses ministères, de l’armée etc…, mais des friches industrielles abandonnées qui se comptent par centaines, des milliers de logements, des centaines de milliers d’hectares de terrains. Ils ne veulent ni exproprier, ni réquisitionner, car cela ferait baisser le prix du terrain, les prix du mètre carré et celui des loyers pour les logements.

Non seulement le problème du logement serait réglé en y ajoutant un programme de construction massif de logements sociaux, mais cela créerait des centaines de milliers de création d’emploi dans le bâtiment, rendrait les achats d’appartements moins coûteux et les loyers plus abordables. Cela augmenterait le pouvoir d’achat des ménages, et ainsi de suite.

Mais comme ils sont accrochés à leurs privilèges, ils ne céderont pas.

Après la guerre et devant le manque de logements dû aux destructions, le Parti Communiste, qui avait eu 100 000 fusillés dans Résistance, et une partie des catholiques qui s’étaient opposés au régime fasciste de Vichy et à l’occupant nazi utilisèrent la loi de réquisition votée par le Parlement pour occuper les logements vides, les logements des kollabos, etc. Bref, ils continuaient la résistance sous d’autres formes.

A l’époque, le Parti Communiste représentait les intérêts de la classe ouvrière et du peuple. Il était un grand Parti, tout comme le Parti Communiste de l’URSS et celui de la Chine de Mao Zedong. Mais après la mort de Staline la restauration capitaliste a commencé et s’est achevée en 1989. La Chine d’après Mao a elle aussi restauré le capitalisme. Les partis occidentaux ont suivi la même voie en jetant « le bébé avec l’eau du bain » comme on dit. Le Parti est devenu un parti que nous qualifions de révisionniste : il a révisé la théorie et la pratique communiste.

Son lamentable appel à la justice pour chasser les travailleurs du refuge, certes précaire, qu’ils avaient trouvé ici à la Courneuve et son refus de leur apporter ne serait-ce qu’une aide humanitaire, montrent hélas de quel côté la municipalité s’est placée.

Nous ne saurions confondre la politique réactionnaire des responsables de la gauche, qu’ils se disent communistes ou socialistes, avec la sincérité et la volonté d’en finir avec ce système d’oppression et d’exploitation exprimée par les membres ou sympathisants de ces formations politiques. Mais ce n’est pas en suivant la stratégie des révisionnistes, des réformistes, des renégats et de ceux qui se comportent comme des agents de la bourgeoisie ou qui agissent avec elle contre les travailleurs que nous pourrons nous sortir du bourbier dans lequel nous plonge le capital financier. Pire, le frein qu’ils constituent, les promesses qu’ils ne peuvent ni mettre en œuvre aujourd’hui, ni tenir demain, ne font que renforcer le camp de la réaction et jeter les gens trompés dans les bras du Front National et des fascistes.

Comme on disait avant la guerre, le réformisme creuse le lit du fascisme.

C’est pourquoi ici, à la Courneuve, mais aussi sur notre département le 93 et dans tout le pays, nous devons et pouvons commencer à organiser une véritable résistance contre la réaction, le réformiste et le fascisme. Cela nous pouvons le faire en nous regroupant dans un vaste Front Révolutionnaire Anticapitaliste/Antifasciste et Populaire.

Nous appelons les militants honnêtes des partis de gauche, des syndicats ouvriers, des associations démocratiques à dénoncer publiquement les pratiques telles que celle que les familles expulsées de la Courneuve viennent de vivre. Nous les appelons à mener la lutte contre de telles pratiques et l’abandon des idéaux de la classe ouvrière dans leur propre parti.

Cela renforcera, aidera à la reconstruction du Parti et du Front populaire dont nous avons besoin.

Notre lutte n’est pas isolée de la lutte des peuples du monde entier contre le système capitaliste, n’est pas séparée de la lutte des communistes de chaque pays pour faire revivre et reconstruire le Mouvement Communiste International et un vaste front révolutionnaire unissant les larges masses populaires.

Partout où cela est possible, développons les instruments de la révolution !

PC maoïste de France

8 novembre 2011

http://drapeaurouge.over-blog.com/article-le-gouvernement-de-droite-et-la-mairie-de-gauche-de-la-courneuve-font-expulser-les-sans-logis-88420244.html

drapeaurouge[at]yahoo.fr


Partager cet article :

Imprimer cet article




accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Facebook Twitter
DAZIBAO
Mise à jour : réfugiés italiens sept sur dix sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Oreste Scalzone
* Sur les sept personnes arrêtées hier matin à l’aube, libérées de prison et remises en « caution » sous contrôle judiciaire : Roberta Cappelli, Narciso Manenti, Marina Petrella, Giorgio Pietrostefani, Sergio Tornaghi. ** Des deux Compagnons constitués ce matin, l’audience pour « statuer » sur la demande de libération de Luigi Bergamin a été fixée à 18 heures, et il est fort probable qu’elle ait eu le même résultat. Les « demandes » formulées par l’avocate Irène (...)
Lire la suite
On avance… Marina Petrella et Roberta Cappelli sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Dominique Grange
Nous fêtons ce soir une libération qui nous fait chaud au coeur à tou.te.s, celle de nos deux camarades MARINA PETRELLA et ROBERTA CAPPELLI qui sont désormais dehors, sous contrôle judiciaire ! Mais n’oublions pas les six autres toujours détenus... Continuons à nous mobiliser per liberare tutti...pour les libérer tous ! Rejoindre notre groupe FB tu es le bienvenu ✊ (...)
Lire la suite
LIBERARE TUTTI (audio)
mercredi 28 avril
de Dominique Grange
1 commentaire
A Roberta Capelli, Marina Petrella, Enzo Calvitti, Giovanni Almonti, Sergio Tornaghi, Narciso Manenti, Giorgio Pietrostefani. En 2003, j’ai écrit cette chanson "DROIT D’ASILE", suite à l’enlèvement d’un militant italien exilé en France, Paolo Persichetti, et à son extradition, puis son incarcération en Italie. Je l’ai ensuite dédiée à Cesare Battisti, alors emprisonné au Brésil, à Marina Petrella, arrêtée en 2007 et emprisonnée en France, en attente (...)
Lire la suite
REVIREMENT INQUIÉTANT DE LA FRANCE POUR LES RÉFUGIÉS ITALIENS
mercredi 28 avril
de La LDH
Communiqué LDH A l’inverse de ce que la présidence de la République soutient, la décision de François Mitterrand, exprimée lors du congrès de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en 1985, de ne pas extrader les réfugiés italiens en France n’excluait aucun de ceux-ci. Il est regrettable qu’en violation de toute éthique le président de la République ait décidé de revenir sur les engagements de la République. S’en prendre à des femmes et des hommes qui vivent (...)
Lire la suite
Une trahison indicible de la France
mercredi 28 avril
de Collectif Bellaciao
3 commentaires
28 avril 2021 : 7 réfugiés politiques italiens arrêtés à Paris : Enzo Calvitti, Giovanni Alimonti, Roberta Cappelli, Marina Petrella, Sergio Tornaghi, Giorgio Pietrostefani, Narciso Manenti, trois recherchaient Luigi Bergamin, Maurizio Di Marzio et Raffaele Ventura. Tous accusés d’actes de terrorisme dans les années 70 et 80. Macron heureux : "Je résolu ce problème comme l’Italie le demande depuis des années" Draghi heureux : "Le gouvernement se déclare satisfait de la (...)
Lire la suite
21 avril 1961 - 21 avril 2021 le rêve du « putsch des généraux »...
mercredi 28 avril
de Roberto Ferrario
2 commentaires
A propos de « la tribune des généraux » les signatures on été récolté par Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes et ancien responsable du service d’ordre du Front national entre 1993 et 1994, qui avait initialement publié le texte le 13 avril dernier ou des signatures continuent à être comptabilisés, 30 généraux étaient dénombrés et 2500 militaires étaient au total recensés ce mardi. Après ca le 21 avril la tribune à été publié sur Valeurs (...)
Lire la suite
France : menace claire de coup d’État militaire imminent
lundi 26 avril
de Roberto Ferrario
Ainsi se termine la déclaration d’un groupe des militaires des Force des Armées françaises : “Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. On le voit, il n’est plus temps de (...)
Lire la suite